Vous êtes un entrepreneur en France et vous regardez tout ça et puis vous regardez aussi l'ambiance et le fait qu'on se réjouisse d'avoir remis une régulation sur les act c'était en début 2024 et vous dites je vais aller aux États-Unis en fait et c'est ce qui se passe. Ils vont aux États-Unis, vous avez des investisseurs qui se disent "Non mais l'Europe de toute façon a perdu, elle règlement trop." Puis vous avez tout un récit qui est largement utilisé par les États-Unis qui de dire l'Europe perd parce que de toute façon c'est des ronds de cuir qui sont en train de de réglementer à Bruxelles parce qu'ils savent rien faire, ils savent pas innover. Et en fait, c'est un récit qui est destructeur parce qu'en plus il est internalisé par les Européens. Donc c'est un une forme c'est une forme de colonialisme si vous voulez. Mais mais le euh le le sujet c'est qu'il faut renverser ce récit. Pour renverser ce récit, il faut aussi réfléchir à avoir des réglementations qui sont plus simples, qui sont plus unifiées, qui nous permettent d'aller plus vite. Aujourd'hui, quelques chiffres, on est 1000 collaborateurs, une valorisation de 12 milliards d'euros euh et euh 1 milliard d'euros de revenus visés d'ici la fin de l'année. [grognement] Nos clients sont des clients entreprise, des clients dans le secteur public. Euh pour citer quelques-uns en France, on a la DINUM, la Caisse des dépôts, France travail dans le secteur privé, c'est CMACGM, Stellentis, Total Energie, euh BNP, Paribas et cetera. notre on fait à peu près 30 % de notre chiffre d'affaires en France, 70 % dehors et environ 3/4 de nos chiffres d'affaires en Europe. Pour vous donner un peu une idée de de où est-ce qu'on est, donc on est un exportateur de technologie fondamentalement à la fois aux États-Unis et et en Asie également. Donc ce qu'il faut comprendre sur l'intelligence artificielle générative et fondamentalement sur ce qu'on appelle l'intelligence artificielle aujourd'hui, c'est que c'est un modèle qui consiste à transformer de l'énergie en intelligence, donc en génération de de de tokens qui sont derrière utilisés pour déléguer des tâches, pour faire de la recherche en mathématiques, pour opérer des chaînes logistiques, pour améliorer des outils, pour déployer des systèmes embarqués dans des robots, dans des drones et cetera. Donc on est dans un métier où on transforme de l'électricité en génération de token. Et c'est fondamentalement quelque chose qu'il faut traiter plus ou moins comme une ressource naturelle. C'est-à-dire que il faut réfléchir à l'intelligence comme on réfléchit à l'énergie. Euh donc nous, notre objet c'est de fournir une intelligence qui est euh peu cher euh affordable, on va dire en anglais, euh qui est sécurisé en terme d'approvisionnement, c'est-à-dire qu'on a pas besoin d'aller la chercher euh chez euh des Américains par exemple et qui est euh par ailleurs durable parce que elle transforme de l'énergie qui est moins carbonée qu'ailleurs parce qu'on utilise en particulier d'énergie française. Je pense qu'on n'y réfléchit pas suffisamment assez de cette manière. C'est l'intelligence c'est comme l'électricité finalement, c'est comme l'énergie. Et par ailleurs, on a cette tendance qui à mon avis une tendance assez fausse qui est de séparer les services numériques de l'intelligence artificielle. Aujourd'hui, le cloud c'est l'intelligence artificielle. La croissance du cloud, c'est l'intelligence artificielle. Les services à hautees valeur ajoutées, donc à forte marge qui permettent de faire de la RD, c'est l'intelligence artificielle. Donc en fait tout le reste à partir du moment où on gagne en intelligence artificielle euh on peut construire tout ce qui tout ce qui est le reste des services cloud qui sont essentiellement des commodité aujourd'hui et qu'il faut savoir essentiellement ça consiste à savoir opérer euh du logiciel qui est open source parce que c'est devenu l'infrastructure mondiale. Euh nous notre objectif c'est évidemment d'encrer cette chaîne de valeur. Donc cette je dirais là notre chaîne là où on est dans la chaîne de valeur, c'est entre l'opération des clusters et l'opération des serveurs jusqu'à la création des applications métier. Et je pense que c'est une c'est un c'est une unité atomique de la chaîne de valeur qui va du semi de la construction de semiconducteur, donc de ASML par exemple, cette entreprise qui nos clients qui fait de la lthographie jusqu'à le déploiement dans dans les entreprises. Il faut il faut arrêter de penser à la souveraineté comme un isolationnisme. Il faut y penser comme un comme il pense les personnes qui font des affaires. C'estàd qu'il faut penser à la souveraineté comme un sujet de levier. C'est-à-dire que dans un monde où vous importez la totalité de vos services numériques aux États-Unis, vous n'avez pas de levier sur les États-Unis. Euh dans un monde où vous créez une partie de votre service, éventuellement vous les exportez, vous avez un levier supplémentaire. Dans un monde où vous vendez des biens aux États-Unis, euh vous avez du levier dessus. On le voit comme dans les négociations de l'Union européenne, on exporte un certain nombre de choses. Ça nous donne des arguments et des cartes à jouer quand on est à la table de négociation. Si on n' pas cette capacité à à ne pas importer la totalité de nos services digitaux, nos services numériques euh des États-Unis, on a un vrai problème. Le problème qui arrive en fait, c'est que euh ce dont on parle, je pense le marché total dont on parle, il faut le comparer à la masse salariale. Aujourd'hui, chez Mistral, notre consommation d'intelligence artificielle pour nos employés, c'est 10 % de notre masse salariale. Alors, on est on fait cette technologie, donc on l'adopte un peu plus rapidement qu'ailleurs. Mais si vous extrapolz d'ici 3 à 4 ans, la totalité de l'Europe utilise l'intelligence artificielle pour 10 % de sa masse salariale. 10 % de la masse salariale de l'Europe, c'est un peu près 1 trilliard. 1 trilliard, c'est donc des services numériques parce qu'il faut les générer les tokens et cetera. C'est 1 trilliard s'ils sont si on les utilise si on importe de la technologie non européenne, c'est un trilard 1 trilliard de déficit commercial à rajouter à notre à à notre déficit commercial existant sur les services numériques. Euh c'est un triliard qui repart ailleurs pour être investi en RD et qui n'est pas réinvesti en RD en France. donc en France ou en Europe. Donc ça, je pense que c'est un point très important, c'est qu'il faut réfléchir à ce sujet de souveraineté d'un point de vue macroéconomique. C'est un sujet macroéconomique essentiel et je pense dont on ne prend pas dont on ne réalise pas la teneur. Donc ça c'est un premier sujet. Alors sur le sujet du temps, je dirais qu'on n pas le temps. Je pense que je pense que notamment parce que c'est lié à des contraintes physiques. On parle de ressources naturelle. Là, on parle d'utilisation de ressources naturelles pour transformer de l'électricité en token. Il y a pas une électricité infinie dans le monde. Les États-Unis saturent leur électricité pour la transformer en intelligence artificielle. Il déploient 1 trilliard de dollars l'année prochaine. Quand il déploi un trilliard de dollars, ça veut dire qu'ils veulent 2 trilliards de dollars en retour. Donc il voit bien qu'il y a un marché immense qui se crée et il voit bien que en fait celui qui possède la ressource, celui qui se fournit les chips, celui qui possède les électrons, qui possède les centrales éventuellement ou qui a accès à l'énergie de manière massive, c'est celui qui gagne. Donc ça veut dire qu'aujourd'hui vous avez bah c'est 9 GW, c'est 90 TW par an qui sont disponibles en France. Bon, il y a plein de choses qu'on peut faire avec en partie. on va faire de de l'intelligence artificielle. Euh vous avez des acteurs qui ont des bilans énormes et qui ont largement de quoi mettre l'argent sur la table avant de voir la demande pour transformer les électrons en intelligence. Mais [grognement] sauf qu'ils vont le faire dans les deux années qui viennent. Une fois qu'ils l'ont fait, bah vous avez plus d'électricité. Euh c'estàd qu'il faut attendre les centrales, il faut créer des nouvelles et cetera. Donc vous avez une forme de monopolisation de la ressource énergétique européenne qui est en cours qui est en cours qui est en train de s'accélérer à une vitesse folle et dont on n' pas conscience et c'est vraiment irrémédiable. C'est-à-dire qu'une fois on a c'est qu'on a déjà un problème de demande. C'est-à-dire que euh comme euh les Américains sont arrivés avant sur le cloud, c'est eux qui fournissent toute l'industrie européenne, ils fournissent il fourniss si vous voulez l'État français évidemment euh le la part de marché du cloud et l'intelligence artificielle a plutôt tendance à se compresser pour les acteurs non américains. C'està dire que non seulement ils grossissent avec le marché mais en plus de ça leur part augmente. Donc je pense que c'est quelque chose qui peut s'inverser avec l'intelligence artificielle et ce qu'on commence à voir avec nos clients, avec notre revenu, avec notre croissance. Mais le problème c'est que même si vous résole le problème de la demande, vous avez un problème d'offre parce qu'une fois que l'offre elle est monopolisée par des acteurs américains, ben soudain nous on a plus d'offre en fait et on peut plus transformer des électrons en token. Et ça se joue dans les deux années qui viennent. C'est-à-dire que ce qu'il faut mettre sur la table aujourd'hui en terme d'investissement, c'est des dizaines des centaines de milliards de dollars. Et pour le faire, il faut avoir une visibilité sur le marché. Et la visibilité sur le marché, elle doit être indiquée par les acteurs européens, par les États européens. aujourd'hui, elle est pas indiquée de de manière suffisamment massive pour que nous, on puisse prendre le risque de déployer 100 milliards de dollars. Enfin, un des problèmes réglementaires de l'Europe, c'est que fondamentalement, à chaque fois que vous rentrez dans un pays européen, vous devez ouvrir une nouvelle entité, euh vous devez comprendre un nouveau régime de stock option, euh vous devez comprendre une réglementation du travail qui est différente. Et donc, ça veut dire qu'il faut assez vite une équipe sur place. C'estàd qu'il faut que moi j'ai j'ai signé des centaines de documents euh pour ouvrir des entités dans une dizaine de pays de de d'Europe. Euh j'ai ouvert des dizaines de comptes en banque parce que en général il faut un compte en banque associé. Enfin vous avez tout un tas de réglementations qui sont des réglementations nationales qui sont non unifiées. Vous avez une fiscalité évidemment qui n'est pas unifiée alors que il faudrait absolument qu'elle soit unifiée si vous voulez avoir des des systèmes d'incitation des employés qui ont un peu près du sens. Donc nous on essaie de on patche les choses, on essaie de faire des choses qui sont le plus juste possible mais on se retrouve avec des situations fiscales qui sont franchement disparates entre les pays. Donc ça c'est relativement catastrophique. Donc en fait vous pouvez pas avoir de marché unifié euh si vous avez pas une forme de fiscalité unifiée, pas une forme de de droit social unifié et cetera. Donc ça c'est un première première chose, je dirais que c'est la principale lourdeur. Ensuite vous avez tout un empilement de réglementations qui sont plus ou moins cohérentes entre ell et qui nous force à documenter beaucoup de choses. Donc vous avez le RGPD, vous avez toutes les lois sur le copyright et le text and data mining. Vous avez maintenant les act qui est pas encore mis en œuvre mais qui va l'être à partir d'août. Tous ces trucs disent des choses plus ou moins touchent à des choses assez similaires en général. ça touche à la donnée, ça touche à la donnée personnelle, ça touche à ce qui est sur internet et en fait ça dit pas exactement la même chose. Ça demande de la documentation qui est différente. Euh c'est mis en œuvre par 27 organes de de mise en œuvre différents en Europe qui sont plus ou moins zellés suivant les pays. Et donc on se retrouve nous moi je me sur retrouve avec une équipe de de compliance qui fait cinq personnes. Enfin et euh ce qui est euh aujourd'hui pour nous c'est jouable parce qu'en fait on est suffisamment gros mais vous êtes une nouvelle vous êtes un entrepreneur en France et vous regardez tout ça et puis vous regardez aussi l'ambiance et le fait qu'on se réjouisse d'avoir remis une régulation sur les act c'était en début 2024 euh et vous dites je vais aller aux États-Unis en fait et c'est ce qui se passe. Ils vont aux États-Unis donc nous on a surmonté cet aspect parce qu'on est assez gros. on va ça rentre dans les overhead de coût euh ça reste très pénible et puis euh mais c'est surtout que vous perdez plein de d'entrepreneurs qui partent ailleurs parce qu'ils ont peur. Vous avez des investisseurs qui se disent "Non mais l'Europe de toute façon a perdu, elle règlement trop." Puis vous avez tout un récit qui est largement utilisé par les États-Unis qui de dire l'Europe perd parce que de toute façon c'est des ronds de cuir qui sont en train de de réglementer à Bruxelles parce qu'ils savent rien faire, ils savent pas innover. Et en fait c'est un récit qui est destructeur parce qu'en plus il est internalisé par les Européens. Donc c'est un une forme, c'est une forme de colonialisme si vous voulez, mais le euh le le sujet c'est qu'il faut renverser ce récit. Pour renverser ce récit, il faut aussi réfléchir à avoir des réglementations qui sont plus simples, qui sont plus unifiées, qui nous permettent d'aller plus vite. Nous, on a plein d'études micro chez nos clients euh qui font des retours qui sont largement supé à ce qui dépensent aujourd'hui en intelligence artificielle chez nous. Euh donc des cas où des cas d'usage où les gens font 50 millions de de ressources investissement parce que les machines fonctionnent mieux. Euh vous avez des gains de productivité de facteur 5 dans les services clients. Facteur 5, ça veut dire que c'est 20 % du temps nécessaire à à effectuer une tâche par rapport avant l'intelligence artificielle. Donc c'est euh très significatif. Euh des études macro, je pense qu'il y en a pas encore beaucoup he parce que en fait on manque de recul. Ça c'est une technologie. Le l'aspect délégation de tâche, je laisse mon agent travailler pour moi pendant toute la journée, ça ne marche que depuis 6 mois. Donc vous avez pas assez de recul en fait pour voir ça. Par contre ce qu'on peut voir c'est que nous bah ce que je vous disais c'est un peu près 10 % de notre masse salariale pour les pour équiper nos personnes. Le gain de productivité qu'on fait je dirais qu'il est lors d'un facteur 2 par rapport à 6 mois il y a 6 mois. Donc c'est pas une étude macroéconomique mais c'est de ça dont on parle. C'estàd qu'on parle de 10 % 20 % des OPEX et de la masse salariale. Je pense qu'il faut l'avoir en tête. C'est pas forcément 20 % de croissance, c'est une partie de croissance, une partie destruction d'emploi. Et ça en tout cas destruction ou modification des emplois existants. Et je pense que quelque chose qu'on n pas enfin pour peut-être repartir sur les sujets plus macro, vous êtes dans une situation où vous avez quand même certains métiers euh qui disparaissent presque. Euh et donc les gens s'adaptent, ils s'adaptent assez vite, hein. Je pense que ça devrait passer. On s'est pas exclu qu'il y ait quand même une augmentation dans certains domaines du chômage euh et une certaine manière un déplacement de la valeur de du travail vers le capital et le capital qui est pour le moment largement pas du capital européen. Et donc vous avez cette situation qui je pense c'est assez explosive entre d'une part vous avez peut-être des destructions d'emploi ou en tout cas des modifications très très rapides de la structure de l'emploi en Europe. Vous avez une situation où tout le monde veut de l'électricité et il y a pas assez d'électricité. Donc vous avez des conflits d'usage. Conflit d'usage, ça veut dire inflation. Donc vous avez de l'inflation potentiellement dû à l'intelligence artificielle. Et puis troisème élément, j'en ai parlé tout à l'heure, vous avez un déficit commercial qui explose. C'està-dire que sur le plan des services, il est multiplié par 5 dans les c dans les cin prochaines années. Situation comme ça, c'est quand même relativement euh enfin c'est révolutionnaire quoi. Euh donc il faut le prendre en compte je pense. Il faut en parler plus. Il faut avoir un point de vue plus long terme sur ce que ça veut dire pour l'économie, ce que ça veut dire pour la société, ce que ça veut dire pour les équilibre géopolitique. Et si on le fait pas suffisamment rapidement pour revenir à votre question, on va se retrouver dans une situation on aura aucun choix. et et ça c'est une situation qu'on voudrait pas voir advenir. Aujourd'hui, les ingénieurs chez Mistral ne n'écrivent plus de ligne de code. Donc vous avez une manière de travailler en développement logiciel qui a profondément changé dans les 6 derniers mois. C'est-à-dire que avant c'était plutôt un artisanat si vous étiez contributeur individuel. C'est que vous écrivez votre code. D'ailleurs, les gens aimaient cet artisanat. Enfin, moi je viens de là, j'aimais cet artisanat. Euh aujourd'hui, vous n'êtes plus un artisan, vous êtes un manager et donc vous demandez à des agents d'écrire le code pour vous. Donc en fait, vous donnez les spécifications, vous êtes un donneur d'ordre, c'est quand même un changement assez profond. Euh et ça s'accompagne de gains de productivité qui sont très très importants quand vous êtes tout seul. C'est que vous êtes tout seul, vous pouvez aller 10 20 fois plus vite. Quand vous êtes 5, ça descend parce que vous avez encore les les sujets de communication qui reviennent. Quand vous êtes une très grosse entreprise, c'est soudain vous êtes dans plein de goulot d'étranglement organisationnel en fait. Donc c'est cela qu'il faut lever pour avoir les gains de productivité euh dont dont on rêve. Et en ordre de grandeur, ça fait combien de tokens un salarié d' code ? Ben je peux vous dire je compte plutôt en mgaw mais euh [rires] c'est combien de mW ? Mais c'est c'est 1 kW par salarié si vous voulez. C'est ça l'ordre de grandeur. 1 kW par salarié c'est un demi GPU. Voilà. Dire combien en euros ? Parce que la plupart des gens en eur c'est ben c'est 10000 € par an. Les lignes de code, c'est 10000 € pour la ligne. Ouais, c'est près 10000 € par an. Euh si vous faites 10000 € par an par personne. Donc c'est ça qu'il faut compter. Mais c'est pour ça que je dis quand je vous dis c'est 10 % de la masse salariale, c'est 10000 € par an. Euh et 10000 € par an, bah au niveau de l'Europe, bah c'est vous avez 400 millions de personnes, vous êtes c'est 8 trilliards. Ensuite sur le sujet de la bulle, je pense que pendant longtemps on a dit qu'il y avait une bulle. En fait, il y a pas tellement de bulle. Là, il y a un vrai problème de une bulle, c'est quand vous vous dites que il y a il y a quand vous surestimez la demande. Là aujourd'hui, quand on voit la demande en token, tous les gens qui viennent nous voir en se disant "Mais j'ai besoin de plus de token que j'avais prévu." Mais en fait, le problème, c'est plutôt un problème de de d'offre. C'est-à-dire que il y a pas assez de logique, donc de chips, il y a pas assez de mémoire, il y a pas assez de carte de carte merde. Disque dur, il y a pas euh dire, il y il y a pas assez d'hélium si vous voulez. Si si euh du côté des des semis, il y a pas assez d'électrons. Donc en fait sur toute la chaîne de semi et toute la chaîne de chemi aujourd'hui, elle est mise sous pression par l'intelligence artificielle. Euh donc il y a plutôt un sujet euh d'offre que de demande aujourd'hui. Ensuite, évidemment euh bah pour que le modèle économique fonctionne, bah quand vous investissez 50 milliards euh en pour faire 1 GW et vous êtes une entreprise de technologie, bah vous voulez repartir avec 100 milliards. Si vous repartez avec 100 milliards, ça veut dire que vous devez créer 200 milliards de valeur pour votre client. Est-ce qu'on est un peu près à ces équilibres là ? Je dirais pas complètement parce qu'évidemment il y a on entraîne on on met de l'argent sur la table au début parce qu'on sait que quand on est quand on a capturé tout, quand on a capturé la demande et l'offre, ben ensuite on peut monter les prix, on peut monter les marges. Euh et donc le risque qu'on a aujourd'hui, c'est ce que j'ai j'évoqué tout à l'heure, c'est que si vous déployez pas suffisamment vite, vous allez pas capturer suffisamment de part de marché des derrière vous avez des oligopoles qui se forment et ils vont retrouver ils vont retrouver leur bille. Vous avez pas toute l'économie américaine qui met un trillard sur la table par an s'ils se disent pas qu'ils vont repartir avec de trillard. Enfin le je je ne m'inquiète pas pour eux. Je m'inquiète plutôt pour nous. Merci Arnaud Saint-Martin. Est-ce que demain les Américains pourraient racheter Mistral ? Bah ils sont évidemment alors les Américains, vous avez quelques vici au capital, c'est un peu près moins c'est moins de 30 % de notre capital. Euh encore une fois on doit être ravi de prendre des Européens. il y avait pas les Européens. Donc il y a un moment donné où vous per on perd un certain nombre, on perd des économiques, c'est-à-dire que le retour sur investissement dans Mistral, il y a une partie qui repart, il y a une partie qui est la partie général partner qui repart aux États-Unis sur les fonds américains et puis vous voulez les partie LP qui en général les fonds américains ils vont lever eux-mêmes dans le monde entier. Donc en fait, il y a une partie qui repart même en Europe de ce point de vue là. Donc on perd un certain nombre, on perd du retour, c'est dommage mais on perd du retour parce qu'on a pas tout l'écosystème. C'est c'est comme ça. Ensuite nous notre objectif est de rester indépendant. Enfin si vous voulez, il y a évidemment il y a des gens qui nous demandent s'ils peuvent nous racheter. Nous, on répond parce que c'est pas notre mission et notre mission c'est d'être indépendant et notre mission c'est d'aller vers euh une une cotation interme et de faire en sorte de de fournir cette alternative. Euh voilà. Ensuite, évidemment, c'est lié au fait qu'on qu'on si vous si vous réussissez, vous faites pas racheter. Si vous faites racheter, si vous de certaine manière, vous avez raté quand même. Euh donc enfin, en tout cas, c'est comme ça qu'il faudrait qu'on y réfléchisse parce que effectivement, il y a quand même beaucoup euh d'entrepreneuriat en Europe qui réfléchit à des stratégies d'exit qui sont plutôt des rachats par des sociétés américaines. Bon, c'est une stratégie qui est perdante. Enfin, c'est stratégie qui macroéconomiquement, elle est vraiment dommageable, quoi. Euh donc, il faut y réfléchir comme ça. créer les champions européens qui sont indépendants et donc c'est pour ça qu'on c'est pour ça qu'on travaille. On n pas encore gagné mais on y travaille. Je ne sais pas si vous aviez encore des propos que vous souhaiteriez ajouter suite à cette audition. Non, je pense qu'on a couvert pas mal de points. Je dirais que un des sujets, il faut vraiment faire attention à ce sujet, de ne pas distinguer le cloud et se dire "On a perdu la bataille du cloud, il faut qu'on remonte sur le cloud". Pour remonter sur le cloud, il faut passer par la valeur ajoutée importante. La valeur ajoutée importante, celle qui fait la croissance, c'est l'intelligence artificielle. À partir de là, tout le reste du cloud peut découler. Euh mais euh il faut concentrer les efforts aux endroits où on est fort. Euh il se trouve qu'on a cette chance d'être relativement fort en intelligence artificielle. Euh il se trouve qu'on a cette chance d'avoir de la capacité électrique. Euh si on combine les deux, on peut retrouver une part de marché qui est soutenable et il faut absolument le faire parce que sinon on va devenir un état vassal quoi. Merci. Pas forcément pour les derniers propos qui mais merci pour l'audition. On a bien compris le merci beaucoup de m'avoir écouté. J'espère que on a bien compris le message final et ce qu'il allait falloir que l'on puisse faire à l'Assemblée nationale. Et vous qu'en pensez-vous ? Dites-le nous en commentaire.